Accueil des Pieds-Noirs en 1962… avec des cris de haine
L’accueil des Pieds-Noirs en France, à leur arrivée en 1962.
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José CASTANO nous raconte l’arrivée en métropole, en 1962, de près d’un million de Français d’ALGERIE, appelés les Pieds-Noirs. Cette arrivée s’est passée de façon douloureuse pour ces « pionniers » qui avaient dû abandonner précipitamment le pays que leurs ascendants avaient construit.
La France s’enorgueillit depuis le 19ème siècle d’être une terre d’accueil et pourtant on aura pu lire, dans la presse et entendre de la part d’hommes politiques de l’époque, des propos que l’on qualifierait aujourd’hui d’édifiants.
Ainsi, dans l’Humanité du 6 janvier 1962, il était écrit, en parlant de ceux qui allaient devenir les rapatriés : « Ils ont une drôle d’allure ces passagers en provenance d’ALGERIE ». Dans le même journal du 5 juin 1962, il était écrit : « Ne laissons pas les repliés d’ALGERIE devenir une réserve de fascisme ». Dans La Croix du 24 février 1962, il était recommandé, au sujet des jeune rapatriés, qu’il fallait : « Eviter de laisser notre jeunesse se contaminer au contact de garçons qui ont pris l’habitude de la violence poussée jusqu’au crime ». Cette terre d’accueil dont les hommes politiques étaient fiers, mais qui ne les a pas empêché d’exprimer les propos suivants :
Louis JOXE alors Ministre d’Etat des Affaires algériennes qui déclara le 18 juillet 1962 : « Les Pieds-Noirs vont inoculer le fascisme en France ».
Gaston DEFFERRE alors Député qui déclara, en parlant des Pieds-Noirs, à l’Assemblée Nationale en juillet 1962 : « Il faut les pendre, les fusiller, les jeter à la mer ».
Le ton était donné pour réserver au peuple Pieds-Noirs l’accueil de ceux qui avaient dû, dans le bruit des explosions, à la lueur des incendies, et face à une succession d’assassinats, s’entasser sur les quais et dans les aéroports, ruinés pour la plupart, pour gagner la métropole…`La France, dont une grande partie des habitants, influencés par la presse et les hommes politiques, ne demandait qu’une seule chose : « Qu’ils retournent à la mer ».
Auteur : José CASTANO
