Association nationale des Français d’Afrique du Nord, d’outre-mer et leurs amis (A.N.F.A.N.O.M.A.)
Association nationale des Français d’Afrique du Nord, d’outre-mer et leurs amis (A.N.F.A.N.O.M.A.)
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Afficher le documentPrésentation
L’histoire et les missions de l’ANFANOMA
Une association au service des Français rapatriés depuis 1956
Doyenne des associations de Français rapatriés, l’ANFANOMA a été créée dès 1956 par les Français du Maroc et de la Tunisie forcés de quitter ces protectorats. Dès 1957, elle publiait son journal « Le Cri du Rapatrié », qui deviendra « France Horizon » et plus tard encore « France Horizon, Le Cri du Rapatrié ». Ce journal était diffusé gratuitement aux interlocuteurs politiques et administratifs concernés. Depuis quelques années, faute de mesures en faveur des rapatriés, nous avons dû suspendre cette publication.
Placée sous le signe de l’entraide et de la solidarité, l’ANFANOMA avait dès sa création pour objet de défendre les intérêts moraux, mémoriels et matériels des Français rapatriés. C’est à elle que feront appel en masse les Pieds-noirs chassés d’Algérie pour trouver conseils et assistance pour remplir les dossiers d’allocation de subsistance et aide à trouver un logement (les priorités du moment). Plus tard, viendront à plusieurs reprises les dossiers d’indemnisation, puis ceux de défense des rapatriés surendettés…
Elle a été l’une des rares associations à caractère généraliste, la plupart de nos partenaires circonscrivant leur action autour de choix catégoriels ou thématiques dont beaucoup ont disparu aujourd’hui.
Transmettre la mémoire et défendre les droits des rapatriés
L’association doit encore aujourd’hui, 70 ans après sa création, poursuivre sa mission, sans illusion sur les chances de réparation par un État surendetté des graves lacunes et inégalités créées par les mesures réparatrices prises, trop peu et trop tard, par les gouvernements qui se sont succédé.
Face à l’image critique et caricaturale entretenue chez nos compatriotes hexagonaux, son souci prioritaire aujourd’hui est celui de la transmission : laisser des traces, témoigner dans les lycées et collèges, expliquer, convaincre…
Notre mission : décrire ce que fut la réalité de notre vie là-bas, les risques affrontés, les souffrances endurées, les difficultés surmontées par nos anciens et l’œuvre de nos pères réalisée notamment en Algérie. L’amour de la France, l’engagement de nos anciens pour la secourir, la délivrer, l’admiration que nous portions à notre Armée d’Afrique.
Nous voulons plus que jamais obtenir de notre État la reconnaissance de l’abandon volontaire de départements français, la réparation morale du crime « impardonnable pour la République », enfin reconnu, commis le 26 mars 1962 rue d’Isly à Alger, l’aveu de son renoncement à protéger après le 19 mars 1962 les populations livrées aux exactions, massacres, enlèvements et disparitions, de son refus de porter aide et assistance aux Oranais pourchassés par une foule d’Algériens fêtant leur fraîche indépendance dans le sang le 5 juillet 1962 et de s’opposer au massacre des Harkis.
Qu’il reconnaisse enfin son entière responsabilité dans un exode dont il ne voulait certes pas mais qu’il a précipité dans sa hâte d’en finir à tout prix.
En effet, nous Français rapatriés, avons été les victimes du mouvement global de repli européen. Le sort de l’Algérie, composée de départements français abandonnés après une guerre militairement gagnée est unique dans l’histoire. Huit ans d’affrontements au cours desquels le F.L.N. a fait des populations civiles sa cible privilégiée jusqu’à l’exode brutal ont traumatisé l’ensemble de nos compatriotes et notamment les enfants mineurs à l’époque.
La qualité de victimes de guerre doit à ce titre leur être reconnue.
Pour une journée nationale des rapatriés le 26 mars
La mesure phare que nous proposons aujourd’hui est la création d’une Journée nationale « Rapatriés », devant le constat suivant concernant la guerre d’Algérie : les anciens combattants en ont trois, le 11 novembre, le 5 décembre et le 19 mars, les Harkis en ont une, le 25 septembre. Quant aux rapatriés, ils sont seulement associés aux journées du 5 décembre et du 19 mars (celle-ci contre leur gré bien évidemment).
Nous nous sommes déjà heurtés à l’objection « il y a trop de Journées nationales », avis que nous partageons d’ailleurs. Pour autant, ce n’est pas notre fait !
Un million de Français « rapatriés » (qui pour ce faire ont dû, rappelons-le, obtenir l’autorisation de quitter le territoire, trouver une place sur un bateau et payer leur voyage !) et qui devront trouver à se loger, à s’insérer dans une métropole pour le moins indifférente voire hostile méritent bien cela.
La date que nous proposons est bien évidemment celle du 26 mars en mémoire de ce drame odieux, strictement franco-français.
Un engagement fondé sur le dialogue et la solidarité
Ancrée sur l’ouverture, le dialogue mais aussi la franchise et la fermeté, la constance de notre attitude explique la longévité de l’ANFANOMA. Son expérience en fait un interlocuteur incontournable.
Elle entretient des relations confiantes avec ses partenaires habituels, ainsi qu’avec des associations partageant les mêmes valeurs.
Ses liens anciens avec le monde combattant l’ont conduite à concrétiser l’affiliation que l’Union nationale des combattants lui a proposée.
La force de l’ANFANOMA : une organisation décentralisée
Notre organisation repose sur l’action coordonnée d’un siège, intervenant auprès des autorités politiques et administratives nationales, et de sections ou délégations implantées sur le territoire national, chargées de relayer cette action auprès des autorités locales et d’informer le siège des événements locaux.
Le siège national et ses missions
Le siège national a été installé dès l’origine à Paris, point d’appui stratégique essentiel, collectant, mettant en forme, commentant et diffusant l’information par circulaires et comptes rendus périodiques ; lieu de travail pour un secrétariat administratif longtemps permanent ; lieu de rencontre, d’échange et de réflexion pour un Bureau national dont les membres résident habituellement en province ; lieu de réception sur rendez-vous de visiteurs rapatriés, étudiants, etc. ; base d’accueil enfin pour préparer et assurer le suivi des entretiens et réunions avec les responsables administratifs et politiques, les instances officielles ou associatives.
Un bureau annexe en banlieue pour traiter régulièrement le courrier s’est au fil du temps avéré indispensable.
La composition du Bureau national
Rappelons que la dispersion géographique des principaux responsables de l’association nécessite le maintien de tels points de convergence sur la région parisienne.
La composition du Bureau national est en effet la suivante :
- Président : Y. Sainsot (Caen, 14)
- Vice-présidents : N. Ferrandis, également secrétaire générale (Saint-Leu-la-Forêt, 95), G. Haack (Saint-Cyr-sur-Loire, 37), Me J. P. Chapus (Clermont-Ferrand, 63)
- Trésorier : M. J. M. Caponi (La Seyne-sur-Mer, 83)
- Secrétaire adjointe : A. F. Garnier (Saint-Martin-de-Crau, 13)
- Chargée de communication : M. Ferrandis (Saint-Martin-de-Crau, 13)
- Contrôleur des comptes : J. P. Evrard (Caen, 14)
Un réseau de sections implantées sur le territoire
Le réseau de sections de l’ANFANOMA, échelon de proximité, d’assistance aux situations particulières, de représentation devant les instances départementales ou régionales et les élus locaux, permet l’échange d’informations et le relais des démarches menées par le siège.
Ce réseau, particulièrement dense à l’origine, s’efforce de résister à l’usure du temps autour de points d’appui comme Caen, Bourges, Clermont-Ferrand, Montélimar, Pierrelatte, Avignon, Arles, Montpellier, Pau, Marseille ou Grasse.
Il permet d’assurer scrupuleusement la représentation rapatriée à toutes les cérémonies officielles comme à celles associatives qui jalonnent le long martyre de nos compatriotes tombés tout au long de huit longues années de violence.
Des délégations pour renforcer la présence locale
Une présence plus informelle était assurée dans quelques régions par des personnalités dont l’implantation souvent ancienne et l’estime générale acquise ont dès l’origine facilité les rapports entre les autorités locales et nos adhérents isolés.
De cette expérience est née l’idée d’implanter des délégations.
Quelques-unes des attentes fortes des rapatriés
Si l’ensemble des attentes légitimes des rapatriés est vaste, car elles concernent naturellement un certain nombre de situations particulières que nous serions heureux de développer dans le cadre de réunions de travail à reprendre, nous connaissons l’intérêt que nos compatriotes accordent unanimement à quelques sujets d’intérêt général et l’importance qu’ils attachent aux positions gouvernementales voire présidentielles sur les quelques points suivants.
La reconnaissance institutionnelle des rapatriés
Intégration des rapatriés au sein d’un véritable ministère des Anciens Combattants et des Rapatriés et accès plein et entier à l’O.N.A.C.-V.G., attribuant la qualité de ressortissants aux rapatriés, y compris leurs enfants mineurs à l’époque, traumatisés par leur implication forcée dans une véritable guerre civile.
La révision de la commémoration du 19 mars
Révision d’une loi qui en 2012 a consacré la commémoration d’une date qui aurait dû rester associative car, si elle a satisfait l’aspiration des appelés du contingent à regagner leur foyer, elle associe improprement à un hommage national les « rapatriés » alors qu’elle scellait l’abandon des populations françaises installées en Algérie.
La question de la repentance
Rejet catégorique de toute expression unilatérale d’excuses ou de regrets pour la période de présence française outre-mer et notamment en Algérie où l’œuvre de nos aïeux comme leurs sacrifices sont indiscutables et ont d’ailleurs été reconnus officiellement en 2022 au plus haut niveau de l’État.
La reconnaissance des responsabilités de l’État
Soixante ans après les faits, le temps est largement venu de reconnaître la responsabilité du gouvernement de l’époque dans les crimes et les drames qui ont suivi les accords d’Évian, en particulier dans les disparitions, les massacres intervenus après le cessez-le-feu.
La République doit réparer moralement le crime impardonnable enfin reconnu commis le 26 mars 1962 à Alger ; elle doit reconnaître son refus d’assistance à personnes en danger, comme elle l’a fait pour les Harkis, notamment lors de la tragédie du 5 juillet 1962 à Oran.
Le surendettement et les retraites
Dispositions sociales à adopter pour soulager la détresse de nos compatriotes âgés et en grande difficulté financière.
L’indemnisation des rapatriés
L’indemnisation a été très longtemps l’un des combats de l’ANFANOMA qui a arraché plus de trois lois minimalistes et tardives… insuffisantes.
La réparation des lacunes et injustices commises est, soixante ans après, impossible mais l’injustice commise doit au moins être admise officiellement.
La transmission de la mémoire et la réparation morale
Notre association insiste désormais sur les attentes d’ordre mémoriel, la réparation morale apparaissant désormais essentielle : rétablissement de la vérité historique dans l’enseignement, encore négligé ou traité de façon partiale, encouragement à témoignages.
Laisser des traces est désormais notre souci primordial.
Une journée nationale en hommage aux victimes civiles
Notre souci principal est de pérenniser l’hommage national dû aux victimes civiles de la guerre d’Algérie, lorsque acteurs et témoins directs auront disparu.
Les Européens d’Algérie attendent une journée nationale comme l’ont obtenue à juste titre combattants (qui en ont trois !) et Harkis (25 septembre), qui devrait être fixée au 26 mars, où une troupe française a ouvert le feu sur des manifestants pacifiques, une semaine après un cessez-le-feu non respecté.
La préservation du patrimoine mémoriel et culturel
Enfin, nombre de dispositions s’imposent vis-à-vis de l’Algérie notamment dans les domaines de la recherche des corps et du sort des disparus, de la protection de nos cimetières et monuments laissés à l’abandon, pillés et profanés, de notre état civil et de l’accès aux archives, ou ici-même de notre patrimoine mémoriel et culturel menacé, de la protection contre les injures envers les Pieds-noirs comme cela a été fait pour les Harkis…
Auteur : Yves SAINSOT